La chirurgie esthétique et moi.

On connaît tous les histoires qui commencent par « Il était une fois». En ce qui concerne mon aventure d’un jour avec la chirurgie esthétique, elle débute plutôt par « Il n’y a pas si longtemps que ça…». Il n’y a pas si longtemps que ça, j’étais une de ces personnes qui scandaient à qui voulait bien l’entendre que je ne serai jamais une femme refaite. Jamais. J’avais un avis très tranché et fermé sur la question.

Pour moi, avoir recours à la chirurgie esthétique était une faiblesse. C’était la solution de facilité pour les personnes qui ne voulaient pas prendre le temps d’apprendre à s’aimer tels qu’ils sont. J’opposais de manière virulente les deux notions suivantes : chirurgie esthétique et acception de soi. Deux concepts qui, à mon sens, étaient incompatibles. Ce n’était naturel en rien et c’était revendiquer le faux. Outre la chirurgie dite réparatrice pour laquelle je reconnaissais évidemment une nécessité médicale, j’étais intolérante envers toutes les personnes qui usaient de ce moyen pour parfaire un physique. Quelle idée de vouloir être irréprochable…? Il n’y avait de beauté que dans les imperfections qui font de nous ce que nous sommes. C’était aussi, à mes yeux, une façon malsaine de donner du crédit à tous les stéréotypes mis en avant par la société, les télé-réalités, les célébrités, les réseaux sociaux. Pour être belle, tu seras grande, mince mais pas maigre, avec une poitrine généreuse (mais ronde et ferme), un fessier plus que présent, une bouche pulpeuse et un nez si petit qu’on en finirait par en ignorer l’existence.  Et comme bien sûr,  personne ne naît comme ça, alors comme tout le monde pour atteindre ce body goal tu passeras par la case chirurgie esthétique. Et si on me disait… « Mais tu sais parfois on ne le fait pas pour les autres, on le fait parce qu’on a un véritable complexe » je répondais « Des complexes? J’en ai moi aussi et j’apprends à vivre avec». Pourquoi se faire opérer quand on a la santé? Quand on ne sait pas quel physique vraiment on aura après? Pourquoi dépenser une somme conséquente pour se plaire et plaire plus quand on peut voyager ou faire d’autres choses bien plus intéressantes? La vraie beauté est intérieure, comme ils disent… J’étais décidée à passer le restant de mes jours comme j’étais et puis tant pis.

Mais ce « tant pis » résonnait en moi et il a fait son bout de chemin au fils des années. C’est triste un « tant pis‘ quand on a qu’une vie après tout. Et pourtant la petite voix qui chuchotait dans ma tête n’était pas la mienne mais celle de mon copain au départ. Mais j’insiste, elle était bienveillante (c’est important qu’elle le soit). Elle ne voulait que mon bien et ne m’a jamais demandée de me faire opérer et encore mois ne me l’a imposée. Elle me poussait juste à envisager toutes les options que j’avais, et à ne pas être trop fermée. Ne vous faîtes jamais opérer pour faire plaisir à vos proches ou à votre conjoint, c’est votre décision et il s’agit de vous plaire peut importe l’avis des autres. Sa voix à lui qui a fait changé la mienne, je ne la remercierai jamais assez…

On a parlé longtemps, du pour et du contre mais aussi de comment je me sentais car bien souvent c’était avec lui que j’étais le plus transparente. Et que je le reste d’ailleurs. C’est lui qui m’a fait comprendre que ce que je vivais comme une chose normale était en fait un véritable mal-être. Depuis des années, j’avais un complexe. Celui qui ne te quitte jamais, celui que tu vois partout et à qui tu penses tout le temps. Je ne me sentais jamais jolie à cause de lui, et je n’avais pas confiance en moi. Je m’empêchais de vivre, je refusais les photos si elles n’étaient pas prises par moi-même (afin que je puisse contrôler mon image), je me plaçais à table en fonction de lui, je le retouchais sur mes selfies (c’est triste, hein..),  je parlais de lui sans cesse et je me rabaissais constamment. Je détestais qu’on me présente à des gens car pour moi on allait voir que lui. Ce roc, ce pic, ce cap… mon nez. Je le haïssais même parce qu’il n’avait pas toujours été aussi laid. Il m’avait trahi en quelque sorte. J’avais fait une chute à vélo petite et une bosse s’était accentuée avec le temps. Un nez c’est dur à cacher, en été comme en hiver il est fidèle à celui qui génère la première image qu’on se fera de vous : votre visage. J’avais fini par me dire que peut-être un jour, en m’armant de courage, je pourrai envisager la question. Moi qui prônait l’acceptation de soi, on en était très loin au final même en restant naturelle. Alors si je pouvais la toucher du doigt en étant refaite, y avait-il vraiment un problème?

J’ai laissé le temps faire et je m’en suis donnée. Je n’ai jamais été pressée et je n’ai pas fait les choses dans la précipitation. J’ai fais des recherches, j’ai beaucoup lu. J’ai cherché le futur magicien avec précaution. J’avais besoin d’être informée, de maîtriser mon sujet, de savoir où j’allais pour me projeter sereinement. Ces mois m’ont permis d’assimiler la chose. Je n’ai suivi que mon rythme, d’ailleurs entre le moment où j’ai entamé les démarches et le moment où j’en suis arrivée à passer à l’acte il y a même eu une coupure. Une période où j’avais mis le projet de côté que je ne regrette pas. J’ai parlé avec mon entourage, et je pense sincèrement qu’avoir un soutient quelqu’il soit est un plus. Avec le recul, il y avait beaucoup de peurs annexes qui faussaient et confortaient mon jugement de l’époque. Un exemple tout bête : je n’avais jamais été opérée. Et cette peur de l’être et de subir une anesthésie générale me poussait à rejeter encore plus l’idée d’une éventuelle chirurgie esthétique.

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Tout était abstrait dans ma tête, même le premier rendez-vous avec celui qui a été mon chirurgien. C’était une idée vague qui se concrétisait, j’attendais de lui d’ailleurs qu’il me convainc Ce qu’il ne fit pas, et c’est pour ça que c’est un excellent médecin. J’attendais un déclic qui a fini par venir le jour où j’ai reçu par mail ma simulation. C’est à dire le projet de mon chirurgien, il y avait les photos qu’il avait prise de moi mais retouchée de sorte à me donner une idée de ce que je pourrais obtenir après une opération. J’ai pleuré à chaudes larmes. Qui l’aurait cru. Ce nez harmonieux devant moi était celui que j’aurai tellement aimé avoir et il était là sur mon visage comme dans un rêve. C’était donc possible, réalisable… et j’ai su. Pour la première fois, je le disais « C’est ça que je veux, c’est ça…« . La machine était définitivement lancée. J’ai passé les jours qui ont suivi à regarder les photos et à les montrer à mes proches. J’étais excitée et j’étais pressée d’être au prochain rendez-vous. Second rendez-vous d’où je suis sortie avec une date. La peur, la crainte, le stress, le doute… tout ces sentiments négatifs étaient enfin remplacés par de la joie, de l’envie, de l’espoir et de l’enthousiasme. J’avais une fichue date qui me permettait désormais de compter les jours… 52 jours d’attente que j’ai vécu de manière plutôt sereine. Un comble quand on sait combien je suis stressée, ou peut-être un signe que je faisais ce qu’il fallait. J’étais enfin en phase avec moi-même.

Est-ce que depuis j’ai des regrets? Je vous dirai peut-être celui de ne l’avoir pas fait avant et encore je pense que je mentirai. Le moment était idéal et je n’aurai jamais pu abordé les choses comme je l’ai fait, avant. Ni être aussi bien entourée.

Aujourd’hui j’ai à coeur de dire que la chirurgie esthétique est une option. Elle n’est ni une obligation ou une honte. Il s’agit juste de ne pas en abuser. Où est la limite? Je ne sais pas. Je pense que chaque personne doit l’établir en fonction de ses codes. Je ne juge plus ceux qui ont eu recours à plusieurs opérations, ces physiques tant charriés et qualifiés comme « extrêmes » je me dis qu‘ils disposent de leurs corps et que s’ils se trouvent plus beaux ainsi alors en quoi ma perception subjective de la beauté devrait me permettre de les dénigrer? Ce qui sera trop pour moi est peut être nécessaire pour eux. J’ai appris à me moquer du regard des autres. Et c’est grâce à ça, qu’aujourd’hui je suis épanouie. Parce qu’avec ce petit détail purement esthétique, j’ai gagné plein d’autres choses qui ont bien plus de valeur. J’ai renoué avec ma confiance en moi, je souris, je m’habille comme j’ai envie, j’ose faire des choses que je n’ai jamais faite. J’avais toujours rêvé d’avoir les cheveux courts mais je me l’interdisais parce que je ne voulais pas mettre en avant mon nez. Et j’ai pu, il y a quelques semaines, couper mes cheveux comme je le souhaitais. C’est si bête et c’est si salvateur en même temps.

Je vis légère, je ne me soucis plus de comment on me perçoit parce que je me suffis. Et, ce que j’ai critiqué si fougueusement pendant des années, s’est avérée être la plus belle porte de sortie d’un enfer où je m’étais condamnée à rester. J’avais peur qu’on me dise superficielle et au final c’est le cadet de mes soucis. Une part de moi avait honte d’en arriver là, je me cachais même derrière le nom de mon opération. J’ai eu une septorhinoplastie : une chirurgie à la fois esthétique (rhinoplastie) mais aussi réparatrice (septoplastie). Je me disais au début « oh et puis si les gens me demandent je leur dirai que ce n’était seulement que la septoplastie… ça me fera une excuse. Je pourrais justifier mon acte comme ça » mais en réalité je m’en moque. Oui c’était pour du fonctionnel et oui c’était pour me trouver plus belle. Et après? Ils peuvent bien penser ce qu’ils veulent. Il me reste des complexes bien sûr, mais je peux les corriger autrement (avec le sport notamment). Est-ce que je recommencerai? J’ai appris à ne jamais dire jamais. Je sais que pour le moment je n’en ai plus envie, et ça c’est sincère. Mais je permets à mes idées d’évoluer et je me laisse l’opportunité de toujours changer d’avis. Si la chirurgie est de moins en moins tabou puisqu’elle est partout, elle reste cependant assez perçue de manière péjorative. Et c’est dommage, il n’y a pas de mal à se rendre plus heureux si on le peut…

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