Être féminine, c’est quoi?

 

Je suis une jeune femme de 24 ans. Entendez par là que, dans ma vingtaine à moitié consommée je ne me considère toujours pas comme une femme. D’ailleurs, je me suis toujours demander : à partir de quand serai-je une femme? A mes yeux et ceux des autres bien sûr. Faut-il avoir 30 ans? Faut-il avoir un vrai métier? Faut-il être mère? Faut-il s’assumer et s’habiller sexy? Faut-il être apprêtée en tout temps, être maquillée à toute heure? Faut-il être sensuelle même au lever (Genre Beyoncé « I woke up like this) ? Faut-il s’en foutre? Faut-il être mariée pour être au moins « la femme de »? Est-ce que c’est être libérée de tout complexe? Faut-il être un bon coup? Être cruche? Ou vive d’esprit avec un sens de la répartie aiguisé? La féminité est un monde complexe pour moi et mes rapports à celle-ci n’ont pas toujours été sains. Je pense à tous ces hommes qui parfois se sentent démunis face à nos contradictions et je ne peux pas les blâmer çar moi-même parfois je n’arrive pas à cerner mon propre genre. 

Car être une femme est un challenge de tous les jours. Il faut s’avoir se libérer et s’émanciper dans un premier temps de tous les codes qui nous sont imposés par la société. Parce que oui, c’est le cas. N’en déplaise aux plus obtus d’entre nous. Pour être féminine tu feras ci, et puis tu feras ça. Il y a selon moi beaucoup trop de clichés. Il faut se battre constamment pour des droits obtenus péniblement et qui persistent encore à l’heure actuelle d’être fragiles. Il faut savoir s’endurcir. Il faut savoir tenir tête face à certains hommes qui visiblement sont restés bloqués il y a 60 ans en arrière. Peut-être que je suis un peu féministe, consciente qu’une égalité des sexes est essentielle. Il faut supporter le regard des autres, et les jugements parfois trop hâtifs. Nous avons délaissé le modèle de la femme au foyer jugé démodé pour le remplacer par un autre tout aussi malsain. Celui de la femme moderne, celle qui travaille, qui gère ses enfants, qui est sportive arborant fièrement le même corps que la Fitgirl qu’elle suit avidement sur Instagram. Elle est toujours tirée par quatre épingles. Elle n’est jamais mal dans sa peau, elle vit tout bien et tout lui réussit. N’allez pas croire que je critique cette femme là, je crois que quelque part je l’admire beaucoup. Je n’ai juste pas les mêmes envies qu’elle.

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J’avoue m’être perdue parfois. J’ai souvent du mal à avoir confiance en moi, notamment au sujet de mon physique… J’ai avec le temps alimenté des complexes. Les réseaux sociaux ne m’ont pas aidés. Je me comparais constamment. Je n’étais pas ce qu’on me montrait partout et je me sentais mal. Je ne ressemblais pas aux autres, et comble de l’échec j’avais l’impression de ne même pas « être moi » pour autant.

Il y a d’abord le rapport au maquillage. Jeune, je me maquillais beaucoup. Plus j’étais maquillée et plus mon estime de moi semblait galvanisée. Je me cachais derrière une apparence qu’il fallait contrôler. Je me déguisais en femme, ça en était d’autant plus ridicule je crois. Je ne sortais jamais sans maquillage d’ailleurs. J’avais tout le temps peur du regard qu’on poserait sur moi. Je me levais très tôt le matin avant le lycée ou la fac, pour avoir le temps de me préparer. Il me fallait bien une heure que je consacrais à ce qui était pour moi une « mise en valeur » nécessaire. Je n’aimais pas me montrer démaquillée même vis à vis de mes proches ou petit-ami de l’époque car je ne m’assumais pas. Me faire prendre en photo était une épreuve, car il y avait toujours, selon moi, un monde entre ce que j’étais intimement et l’image que je renvoyais inlassablement aux autres. Question vestimentaire, c’était horrible. Je me cachais. Contrairement au maquillage où je me lâchais beaucoup trop, je me plaisais à couvrir amplement ce corps qui changeait et qui visiblement n’évoluait pas comme je le voulais. Je m’estimais trop grande, trop mince… ce qui pour moi était un obstacle aux jupes, robes et talons. Dieu m’avait donné un corps incompatible à la féminité. Oui parce qu’une vraie femme, ne pouvait être belle qu’en robe, jupe et talons donc… Et il fallait qu’elle ait des formes et qu’elle soit pulpeuse (là dessus, papa, maman, qu’est ce que vous avez foutu merde?). Je crois ne pas avoir porté de talons avant mes 20 ans. Ca me fait rire quand j’y pense et quand je vois des adolescentes de 13 ans perchées sur leurs talons aiguilles comme des professionnelles et comme si c’était normal, surtout. Je me sentais ridicule, et les clichés des gens autour de moi n’aidaient pas. « Mais tu n’es pas assez grande comme ça? » J’ai mis des années avant d’être à l’aise avec un décolleté et lorsque j’en portais un il fallait que mon copain Double Push-up soit obligatoirement de la partie.

 

 

Et puis, j’ai appris à lâcher prise. En rencontrant les bons hommes déjà (pas celui qui te demande de te changer parce que t’es trop sexy pour sortir avec tes copines… par exemple parce que j’ai connu ça aussi. Situation horrible quand tu n’as pas confiance en toi) et en apprenant à m’aimer telle que je suis, surtout. Ce n’est pas une chose que je maitrise pleinement mais j’ai compris l’importance de l’amour de soi. Aujourd’hui, je pense être quelqu’un de coquet. J’aime me préparer quand je sors où quand une occasion s’y prête. J’adore porter des talons, avoir des mains soignées (mais pas forcément munis de faux ongles comme j’ai pu le faire à une époque), j’adore les robes et les jupes… mais je ne me sens plus obligée. Je ne me maquille plus, quand je suis chez moi même si mon copain est là. Quand je promène mes chiens, quand je suis malade, quand je vais travailler ou quand je vais au sport. Je me trouve jolie sans artifices aussi. Me maquiller est devenu une envie et non plus un besoin, et je pense que c’est une grande victoire. Je vais faire des courses souvent à l’arrache et croyez moi c’était loin d’être gagné auparavant.  Et maintenant, je préfère largement dormir une heure de plus le matin! Souvent, quand je rencontre des personnes qui ne me connaissent que via mes réseaux on me dit « je ne t’imaginais pas comme ça« . Et ça me fait sourire. Parce qu’il est vrai que je mets en avant cette partie de moi, mes petits selfies finement préparés (sachez qu’il me faut trois heures pour être potable sur une photo) , mes tenues quand je me trouve correcte etc… mais il faut garder en tête que ce n’est qu’une facette. Une facette que j’assume et que j’adore mais qui n’est pas l’entièreté de ma personnalité. J’adore aussi le naturel, la campagne, les animaux… je crois même être plus épanouie quand je me retrouve démaquillée à promener mes chiens à la campagne dans mon petit jogging rempli de leurs poils. Summum du glamour, n’est-ce pas? J’ai juste choisi d’être ni l’une ni l’autre, de me laisser aller selon mes humeurs et mes envies.

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Parce qu’en fait… je crois qu’être féminine est une attitude. Un état d’esprit. Une liberté de l’être ou pas. La beauté peut être sublimée par des artifices comme le maquillage mais elle devrait être tellement plus valorisée par la société quand elle est naturelle. Non, une femme démaquillée pour aller travailler, ou autre n’est pas automatiquement une femme qui se « laisse-aller« . Je pense que beaucoup trop de femmes se maquillent et s’habillent de telle ou telle manière  plus par obligation que par plaisir. C’est ce que j’ai appris je crois, à vivre pour mes plaisirs plus que pour mes devoirs de « femme« . Je porte des talons quand ça me chante, je poste parfois des photos « osées » sur mes réseaux (mon dieu mais ton copain te dit rien? mon dieu mais c’est pas trop? mais tu n’as donc aucune pudeur… c’est un peu « trop sexy ») et parfois je ne mets plus de selfies pendant des mois. Je m’aime en déchet le dimanche, et en bombe le vendredi soir. Et surtout je me maquille et m’habille pour moi. Pas pour mon homme, pas pour mes proches, pas pour les gens. Juste moi… et je suis intimement convaincue que c’est en cultivant cette affirmation de soi qu’un jour je serai une femme. Une femme séduisante même. Parce qu’elle sera libre de faire ce qu’elle veut. Je serai mère le jour où j’en aurai envie et pas seulement parce que « l’horloge m’appellera » ou parce que nous serons en âge. Ni parce que j’aurai une situation ou que ça ferait un certain nombre d’années que je serai en couple… Plus je vieillis, plus je vois certaines de mes amies être maman (beaucoup trop tôt selon mes goûts et ambitions personnelles) et ce « et toi? t’en voudras quand? » me fatigue au plus haut point. Moi? Je m’en fous. Je me pose pas la question, et je ne vis pas pour ça. J’en veux c’est sur. Mais je trouve ça dur… Je pense aux femmes qui choisissent de ne pas avoir d’enfants et qui doivent souffrir des jugements.  « Tu as raté ta vie, la femme est faite pour procréer, tu ne sauras jamais ce que c’est qu’être une femme« . Alors que si, on peut être une grande femme sans jamais être mère. Je ne me marierai peut-être jamais non plus, est-ce que ça fera de moi une ratée pour autant? Est-ce que ça m’empêchera d’être la femme d’un homme des années, de lui être fidèle, de l’aimer dans les difficultés (la santé, la maladie, la richesse, la pauvreté et toute autre connerie)? Je ne pense pas. Est-ce que je me tuerai au sport pour ressembler aux fitgirls d’instagram? Je n’en ai plus envie non plus. Je m’active pour mon bien être personnel, physique certes mais mental surtout.

Je crois que la réponse est simple, pour moi être féminine c’est ne plus être esclave pour n’être que moi-même. Aussi banale puis-je être parfois.

 

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4 commentaires sur “Être féminine, c’est quoi?

  1. Hum, tu soulèves une question très intéressante et qui a pu s’agiter dans mon bocal de cerveau un petit moment. Pour info, j’ai 26 ans et je crois que je commence seulement à devenir femme. Disons, une femme en cours. Etre femme pour moi, c’est venu avec le début de ma vie active, des projets de couple, l’acceptation de mon corps, trouver THE style vestimentaire en accord avec moi (je suis maigrichonne mais j’aime les jeans boyfriend. Je flotte et alors ? J’aime ce style donc je dégage qlqch). A mon sens, être femme c’est devenir qui on est, aller à sa rencontre. Sortir de l’adolescence où on se cherche, où on se déguise, voire se camoufle. Etre soi.
    https://la-parenthese-psy.com/

    Aimé par 1 personne

    1. Je crois qu’en fait on passe toutes par ces phases là… Je crois que tu résumes tout quand tu dis « j’aime ce style donc je dégage quelque chose » c’est exactement ça! S’habiller en fonction de sa morphologie parce que ça « nous va mieux » c’est un dilemme… certes ça te va « techniquement » mais au fond si tu te sens toujours mal tu dégageras rien… Merci beaucoup en tout cas pour ce joli commentaire où je me retrouve beaucoup et d’avoir pris le temps de me lire 🖤

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