De l’importance d’adopter.

 

Nous avons adopté. Trois mots qui sonnent tellement fort et qui me rendent si fière. Je pourrais vous dire que je suis la plus heureuse qu’il y ait un nouveau membre dans notre petite famille, que je le trouve sublime et que c’est magique. Si j’étais totalement honnête, je confesserais aussi que c’est très sportif de tenir deux chiens adultes et mâles qui apprennent à cohabiter ensemble. Que ce n’est pas de tout repos! Que ce n’est pas facile tout de suite d’apprivoiser un être qui a déjà une histoire qui vous reste inconnue, des réactions et un caractère que vous ne connaissez pas. Que c’est déroutant parfois de passer d’un petit monstre de 4 kilos à un réel dans la carrure de 25 kilos.

Mais le message que je voudrais faire passer est tout autre. Et il est plus un partage d’expérience qu’un jugement alors n’y voyez aucun mal… Si je suis une personne pleine de défauts, je n’ai pas celui d’être quelqu’un de moralisateur.

Il y a un peu plus de cinq ans, j’ai commis ce que je perçois aujourd’hui comme une erreur. Celle d’acheter à un particulier mon petit pinscher nain. Mon petit Slash que j’avais élégamment repéré sur… le bon coin! Tout cela parce que j’avais entretenu un rêve et je m’étais faite une idée pointue de ce que devrait être le chien parfait pour moi. Je voulais bien sûr l’avoir chiot, autrement dit le connaître tout petit et mignon. J’avais ce fantasme de voir grandir mon chien et de ne rien louper de sa vie. C’était moins effrayant. Chiot, il serait docile, plus facile à éduquer et moins impressionnant. Je pouvais choisir son âge, sa race, sa couleur de poil parmi une portée qui s’offrait à moi. Si jeune il ne pourrait que m’aimer vite puisqu’il n’aurait connu que moi. Le lien serait tout de suite plus fort, plus rapide. Assurément, j’étais dans une démarche de facilité qui avec le recul me paraît tant égoïste. Bien sûr, j’ai aimé mon chien et je l’aime toujours terriblement. Mais non pas parce qu’il était l’idéal que j’espérais, seulement parce que c’était lui. Et il m’a aimé parce que j’étais là, j’étais son monde que je sois parfaite ou non. Comment avais-je pu être aussi exigeante avec un petit être qui ne me demandait rien et pourtant qui me donnait tout? 

Et puis avec le temps, je me suis éveillée à plein de choses. Je suis devenue végétarienne sensiblement à la même période que j’ai eu mon chien. Et je ne pense pas que ce soit une coïncidence. J’ai toujours grandi avec des chiens autour de moi, dont je me souciais avec un interêt plus ou moins relatif. Même très relatif. Je n’avais pas à en assumer les responsabilités, et je daignais les regarder quand j’en avais envie. Pour jouer essentiellement la plupart du temps, le reste ne m’importait que très peu. Mais Slash est celui dont j’ai du m’occuper seule. Et l’amour que j’ai pour lui m’a humanisé envers la cause des autres animaux. Il a levé mes oeillères. J’ai réalisé ce que pouvait être le trafic de chiens et le cruel profit de certaines personnes mal intentionnées sur le dos d’êtres vivants. J’ai pris conscience de ce que j’avais fait. Je n’ai jamais regretté « mon achat » : parce que oui mon action réduisait mon chien à un simple achat. Un chèque déposé en contre parti d’un animal. Un animal que j’avais réservé sur une portée en payant un acompte. C’était ça, la réalité. Je m’étais dit plus jamais. A refaire, je ferai autrement.

Et puis un jour, j’ai voulu un deuxième chien avec mon copain. On avait la place, en mon cas le temps et beaucoup d’amour à donner. On a passé les portes de ce fameux refuge pour animaux. Je les ai tous vu là, et le coeur serré et démuni face à ce qui reste en captivité de la bêtise humaine, nous nous sommes rendus à l’évidence : nous voulions adopter. Si deuxième chien, il devait y avoir, il viendrait de là. Il fallait, c’était une obligation, que nous en sauvions au moins un puisque nous le pouvions.

Je voulais connaître le privilège de donner une seconde chance à un animal malheureux. Je voulais lui montrer que l’homme n’est pas qu’un monstre. Je voulais l’aimer de toutes mes forces pour qu’il oublie tout. Et cela, sans attente, sans idéal, sans perfection, sans même une idée précise du chien que nous adopterions. Je ne savais pas s’il serait mâle ou femelle, jeune ou vieux etc. J’avais bien conscience des difficultés que cela pouvait induire, je savais que la tâche serait plus dure mais ô combien plus nourrissante et satisfaisante. Nous avons payé oui, mais pour les soins que le refuge lui administre : à savoir une castration qu’il va subir, une identification par puce et des vaccins. Nous avons payé oui, et pourtant nous sommes ressorti de là plus riches; Et c’est là que réside la magie dans cette démarche d’adoption. Elle est enrichissante humainement. C’est si fort.

A force de ballades entre les allées de l’horreur, nous l’avons vu. Nous ne l’avons pas seulement choisi parce qu’il était chiot, pure race, beau, docile et parfait. Ce n’était pas le cas sur le papier. C’est un mâle malinois croisé, de 3 ans déjà bien grand. Nous l’avons choisi parce qu’il a eu sa manière bien à lui de nous regarder, parce qu’il avait une histoire pas facile et qu’on avait à coeur de panser les plaies du passé. Lui qui avait été abandonné déjà deux fois, lui que le box avait rendu très nerveux, vif et stressé. Nous sommes venus plusieurs fois, pour être sûrs. Pour ne pas avoir à le décevoir, pour qu’il voit notre premier chien et s’assurer que tout irait bien. Qu’ils pouvaient s’entendre. Et puis il y a eu ce 29 novembre où nous étions là, au refuge, sans même savoir si ce serait le jour J. Sans vraiment l’avoir calculé, il y a eu ce moment intense. Celui où nous partions avec lui, celui où je lui ai faite cette promesse de lui à nous « Tu ne le sais pas encore, mais c’est terminé. N’aies plus peur de rien, car nous ne partirons pas ». J’avais le coeur tellement plein d’émotions, j’étais perdue entre le stress de vouloir tout bien faire et la satisfaction d’avoir sauvé l’un d’entre eux. Ils sont si nombreux à attendre. C’est tellement important de faire le bon choix et de voir plus loin que les petits idéaux que l’on peut avoir quand on veut un chien. Ils vous le rendront plus que nul homme ne saurait être reconnaissant face à l’aide de son prochain. Croyez moi, vous les sortez de là et ils le sentent… et même si au début vous vous regardez comme deux étrangers, il vous aime de suite car il vous reconnait comme celui qu’il attendait depuis toujours.

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4 commentaires sur “De l’importance d’adopter.

  1. Ton article me touche incroyablement. Mon copain et Loïc avons adoptée Nala’ il y a 6 mois maintenant. Jamais je ne regretterai ce choix . Nous savions que ćetait elle que nous attendions et qui nous attendais aussi. Elle a pardonné toute seule les erreurs passé de l’une de l’etre humain et nous regarde avec amour et confiance. Nous adopterons‘ toujours en refuge, c’est une certitude . Oh, au fait, j’en sais pas si tu te souviens de moi ou… on était au collège et ensemble a yssingeaux, on été copine…. jàdore suivre ton blog et ton insta, Bisous! Melanie Badiou

    Aimé par 1 personne

    1. Coucou,
      Je comprends que vous n’ayez aucun regret. C’est tellement d’amour… Elle est de quelle race la petite Nala? Vous avez fait une belle action. Nous avons aussi pour certitude que tous nos chiens viendront de refuges. C’est si important.
      Bien sûr que je me souviens de toi! Je t’avais reconnu direct sur ta photo de profil insta… c’est fou comme tu n’as pas changé!

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