Le verre est toujours à demi-plein.

Chaque année lorsque je vois sur le calendrier se rapprocher le jour de mon anniversaire, naît en moi un sentiment de couardise qui ne me lâche plus. Comme une lâche, j’ai peur et je donnerai père et mère pour revenir à l’âge de mes 10 ans. Moment de vie où ma tête n’était pas lourde de toutes les questions et angoisses que je peux porter désormais au quotidien. Car, je me fais une raison, à l’aube de mes vingt quatre ans je me dois de clôturer ce chapitre qu’est celui de l’enfance, de l’adolescence et de l’innocence. Je suis passée à autre chose en devenant une adulte. Un monstre d’anxiétés et de craintes qui ne cesse de se remettre en question constamment. Alors, au moment de souffler mes bougies, je fais un voeupuisqu’être adulte ne veut pas dire ne plus croire – et surtout je fais le bilan. La crise de la trentaine, chez moi, c’est tous les ans!

Où en suis-je ? J’ai quitté ma région natale pour vivre une vie que j’ai choisi. Une vie ensoleillée rythmée par le bruit des vagues. J’ai vécu des histoires d’amours qui m’ont fait mal et d’autres plus douces qui m’ont comblé le temps qu’il fallait. Toutes m’ont mené, je le sais aujourd’hui, à l’homme de ma vie. J’ai vécu des moments d’amitié et j’ai vu mon entourage changé et se restreindre. J’ai perdu des êtres que j’aimais profondément et qui ont laissé un vide que je ne cherche plus à combler. J’ai appris à vivre endeuillée. J’ai pris des décisions qui m’ont forgés en tant que femme et que parfois j’ai regretté. J’ai beaucoup trop vécu pour les autres, ces autres qui croisent votre chemin pour le piétiner et s’en aller sans scrupules. Mais de toutes les relations qui ont cadencé ma vie, il y en a une qui me maltraite depuis le premier jour. Une histoire complexe et scabreuse. Celle que j’entretiens avec moi-même, car voyez-vous : ma plus grande ennemie, c’est moi.

Qui ai-je été ? Je crois que j’ai été une grande pessimiste. Sur les chemins sinueux qui représentent ma vie, j’avais fini par me convaincre que je ne méritais peut-être que ça. Des routes cabossées qui ne conduisaient qu’à la malchance. J’étais en conflit permanent avec cette confiance en moi que je n’arrivais pas à dompter. Je vivais avec la peur. Je n’osais rien. J’ai grandi en me comparant aux autres, et en me laissant rabaisser. Je me suis cachée. Je n’ai jamais osé faire ce que j’aime, jusqu’au bout. Je ne me suis jamais donné les moyens, persuadée que je n’en avais pas. Je n’ai jamais su ce que c’était que de se sentir fière de soi. J’ai joué avec le feu parfois. J’ai passé des nuits blanches à broyer que du noir.

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Qui suis-je ? Je suis une grande timide, mais je me préserve en étant cette personne un brin exubérante en public qui parle et rigole trop fort. Qui attaque sous couvert d’humour pour se défendre. Je suis une grande passionnée. Trop sensible, mes émotions font de ma vie un véritable tour de montagnes russes. Je suis stressée pour tout et pour rien. Souvent pour rien, d’ailleurs. J’ai ce besoin d’être constamment rassurée. Je suis entière, perfectionniste et impatiente. Imparfaite. Mais je suis aussi, cette femme plus épanouie. Lasse d’être trop dure avec moi-même, j’ai décidé de voir le verre à moitié plein. Ce n’est pas tous les jours facile, car les habitudes ont la vie rude. Mais j’essaye, et je mets un point d’honneur à m’entourer de personnes qui me font du bien. J’apprends à être parfois égoïste. J’ai saisi que la confiance en moi m’apporterait plus de choses dans ma vie que le contrôle. Alors je l’apprivoise. Je tire partie de mes défauts et je me dis que ma force réside en ma fragilité et en ma sensibilité débordante. En tentant de bafouer mes faiblesses, je suis devenue trop exigeante avec moi-même, injustement. Bien trop longtemps. J’ai trop pensé que tout était insurmontable, alors que je découvre que tout est possible pour qui le veut vraiment. J’ai compris que je pouvais devenir la femme que j’ai toujours rêvé d’être un jour.

Le bilan cette année est optimiste, et se différenciant en cela de tous les autres, il me prouve que je suis enfin sur la bonne voie. Le coeur un peu plus léger, je n’ai plus peur de ne plus savoir où je vais. Convaincue que je croiserai des jolies choses sur mon passage. Et animée par le ressenti profond que, même s’il y aura des moments plus durs, je suis capable. Apte à me relever et rebondir comme je l’ai toujours fait. Avec le temps que cela demande parfois, mais capable. D’aimer les autres, et ne plus les envier. De m’aimer moi avant tout, afin de quitter la peur pour la paix.

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2 commentaires sur “Le verre est toujours à demi-plein.

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