La tête ailleurs |

img_8445

La découverte du style Nicolas Bedos, comment regretter. Et pourtant j’en avais des préjugés sur le bonhomme vendu comme un misogyne, arrogant et prétentieux. Marchandé comme ça, à moins d’être la première des idiotes, vous me l’accorderez ça ne donne pas envie de se ruer dessus. Quand soudain, ô surprise! On se retrouve face à un génie de la formule, il y a là une qualitié d’écriture que personne ne pourra nier. C’est une véritable plume cynique et avisée au service d’un homme à l’intelligence inébranlable.

Certes vulgaire, provocateur, cru, cinglant mais avant tout : brillant. Et même touchant car si l’on voit plus loin que la vitrine qui nous est dépeinte on devine un homme angoissé. Un homme qui se confie dans ce – presque – journal intime. Il est sujet dans ce livre d’une année de sa vie où tout y passe : la politique, les amis, la famille, les mondains mais surtout sa blonde : son amour.

Car La tête ailleurs, c’est l’histoire d’un homme à femmes qui un jour tombe amoureux d’une blonde. Une blonde qui l’ébranle et lui donne envie d’oublier sa vie éparpillée d’avant. Une blonde qui pourtant ne cesse de le quitter. Dans ces confidences amoureuses, Nicolas Bedos mets à l’amende toute les théories possibles sur son côté misogyne.

Ces réflexions intimes sont mélangées à quelques unes des chroniques parues dans le magazine Marianne pour lequel l’auteur travaillait à l’époque de l’écriture de son ouvrage. C’est un récit où l’auteur allie la vie de couple et l’actualité politique. C’est surement ce qui m’a le plus gênée et que je relève comme étant le point faible du livre. Les deux sujets m’intéressent et sont exploités de façon divine par la plume et l’esprit de Nicolas Bedos. Mais il y a eu des moments dans ma lecture – aussi acharnée que rapide d’ailleurs – où je me suis sentie un peu perdue… Comme incapable de définir ce que je lisais. Était-ce un roman d’amour ou un essai? Un amas de chroniques distillées les unes après les autres…? Moi qui m’étais tant attachée à l’écrivain amoureux dont l’écriture est sensible, tendre, poignante, j’étais un peu déçue. Comme restée sur ma faim, j’aurai aimé que l’auteur ose aller un peu plus loin. Mais à sa décharge, il n’y a pas un chapitre où je ne suis pas restée admirative et où je n’ai pas franchement rigolé!

Pas si connard que ça le Nicolas, juste un homme un peu perdu en somme – comme nous tous d’ailleurs – ce qui fait que l’on ne lui en veut même pas de nous faire un livre égocentré car on s’identifie sans problèmes à ce qu’il écrit. C’est lui mais c’est surtout un peu de nous tous… Ses fragilités exposées au plus grand nombre, l’humanise. Je me tournerai donc sans jamais plus douter, vers ces anciennes et ses futures œuvres.soft-spleen-2

Publicités

M'écrire un petit mot

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s