L’art d’arrêter de fumer |

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Ah la jeunesse : son insouciance, sa légèreté et immanquablement ses bonnes idées. Qui n’a jamais séché un cours, pris une cuite vodka/orange, fait le mur pour aller en boîte ou assuré à ses parents qu’elle passait la nuit avec sa copine Gisèle alors qu’elle se pavanait à une soirée pour plaire à son petit camarade Jean-Michel la clope au bec et bière à la main? La clope au bec, oui. On est tous passé par là, pour être plus cool. Accepter la première taffe dans la cour du collège, celle qui dégoute mais qui ne nous empêchera pas de continuer. J’avais 15 ans quand j’ai tiré sur ma première cigarette. Trop tôt, dirons bon nombre d’entre vous et ils auraient raison.

Je volais des cigarettes en douce dans les paquets de mon père – si t’es fière d’être une idiote, tape dans tes mains– ce n’était qu’une clope par ci par là que je fumais à la sortie des cours pour me rendre plus intéressante. S’en suivait un énorme rituel pour ne pas que mes parents s’en rendent compte, car oui j’étais une rebelle mais que devant les copains hein. Pour ma défense, cela restait quand même exceptionnel. Une à trois cigarettes par mois. C’est au lycée que les choses se sont corsées, le jour où j’ai acheté mon premier paquet. Des Philip Morris que je cachais soigneusement dans mon trieur, des fois que mes parents fouillent mon sac. Je rentrais tout doucement dans le cercle vicieux et les petites habitudes commençaient à pointer le bout de leur nez. Celles dont j’aurai tant de mal à me débarrasser plus tard, une fois la raison revenue. J’entends bien sur : la clope/café, la clope d’après self, la clope pour se détendre après un DS, la clope pour demander du feu à Jean-Michel… J’étais une fumeuse un peu plus assidue qui consommait deux paquets par semaine.. Mes parents n’en savaient toujours rien, je ne fumais donc pas à la maison ou autres et même quand ils l’ont su d’ailleurs – quelques années plus tard – je ne me suis jamais permise d’allumer quoi que ce soit devant eux. Et puis le drame, la liberté de trop… J’ai emménagé seule – avec mon copain de l’époque en réalité – lorsque j’avais 18 ans. Au début de notre relation, il n’était pas fumeur d’ailleurs et il l’est devenu au fil du temps en partie à cause de moi… Bravo! Je fumais tout le temps et partout, même dans la maison. Enfin maison, dans mon 5m² – oui j’exagère – meublé IKEA comme tous mes compagnons de galère. La vie étudiante quoi!

Là j’étais vraiment cool, encore plus qu’au collège. J’avais pris du grade. Mes doigts, mes ongles et mes dents jaunissaient. Mes vêtements puaient la clope. Je comptais sur Hollywood Chewing-gum pour entretenir ma vie sociale et ne pas faire fuir tous mes potes à cause de mon haleine dégueulasse, soyons honnête.  Mon teint était terne. Je ne pouvais faire aucun effort physique sans être essoufflée. Et mon budget était complètement explosé à raison de 4 à 5 paquets par semaine. Ça allait vite en même temps, de la première clope du matin, à celles des pauses de fac et de boulot, aux trajets pour m’occuper et aux soirées où je m’envoyais clairement comme pas deux. Même les hivers rugueux de l’Auvergne ne m’empêchaient pas de sortir pour m’en fumer quelques unes en terrasse. J’étais cette fille à qui on disait « Encore? Mais tu viens juste d’en fumer une » et que ça faisait rire. Au fil de ces années là – déjà sept.. – j’avais essayé d’arrêter. Deux fois, une risible et une pause de six mois où je vapotais. Et puis, encore et toujours… Le retour de ma fidèle compagne de moment d’ennui, de stress ou de discussions arrosées et nocturnes. Le cancer? Rien à faire, moi j’arrête quand je veux. On l’a tous dit, tout comme l’on sait tous que la clope est mauvaise pour la santé. C’est pas faute de nous le rabâcher en continu et de ne pas nous bassiner avec ces photos ignobles sur les paquets. Seulement voilà, le fumeur en a conscience mais le fumeur s’en fout surtout. Alors, j’avais fini par me faire une raison. J’avais arrêter d’arrêter la cigarette. Et ça marchait plutôt bien!

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Et puis, il y a quelques semaines : le déclic. Un peu différent des autres celui-là car il s’accompagnait de la volonté. Et ça, c’était nouveau pour moi. C’était il y a 40 jours, aujourd’hui. Le jour de mon départ pour l’Afrique, histoire de marquer le coup. J’avais déjà pas mal réduit ma consommation puisque je ne fumais qu’un à deux paquets par semaine. Il y avait même des jours où je ne touchais rien et où cela ne me manquait pas. Dans mon entourage, des proches arrêtaient à leurs tours et s’en sortaient très bien. J’étais – et je reste – fière d’eux et une petite voix commençait à marmonner dans un coin de ma tête « Pourquoi pas moi? ». Pas de nicotine à mâcher,  pas de cigarette électronique, pas de patchs, cette fois-ci je ne voulais aucun gadget. Je ne critique absolument pas ceux qui s’aident de cela – tous les moyens sont bons – je dis juste que cela ne me correspond pas pour l’avoir déjà testé par le passé. Il fallait que j’arrête, de façon nette et tranchante. Tout comme j’avais décidé d’arrêter la viande, etc. Sur un coup de tête, déterminée. Il fallait que je saisisse le coche, celui où je ne fumais plus par plaisir, où je n’en avais plus envie. Et que je fasse de ce sentiment de dégoût, ma nouvelle habitude.

  •  Remplacez vos anciennes habitudes

La première chose à faire selon moi pour tenir bon est de se créer de nouveaux rituels qui viendront d’eux-mêmes effacer les anciens. Alors, non… On ne remplace pas la clope de la pause par un muffin myrtille pour ne pas finir avec le cul de Bridjet Jones en pas trois semaines, mais on trouve des alternatives un peu plus saines. Personnellement, ma cigarette d’après manger a désormais le doux goût d’un thé vert à la menthe. Tout aussi relaxant. Je porte de plus en plus de rouge à lèvres – et oui, les filles – pour ne pas être tentée au courant de la journée et j’ai installé des jeux sur mon téléphone. Bête pour certains et pourtant il faut savoir que l’envie d’une clope ne dure pas plus de 3 minutes… Alors au début quand je sentais cette envie devenir forte, je me jetais sur mon Iphone et je m’occupais l’esprit.

  • Évacuez toutes formes de frustrations…

Je reste convaincue qu‘il ne faut pas être dur avec soi même lorsque l’on veut arrêter de fumer. C’est ce qui m’avait eu lors de mes premières tentatives. Je me mettais la pression toute seule, je comptais les jours, j’enviais les gens qui fumaient dans la rue. A un tel point que je marchais derrière eux pour inhaler un peu de leurs fumées  – non non, ceci n’est pas une blague – j’avais fait de cette belle initiative une torture permanente et quotidienne. J’étais frustrée. Alors, cette fois-ci j’y suis allée en détente. Au début, je ne l’ai dis à quasi personne. De sorte à faire mon petit bonhomme de chemin toute seule et à ne pas être le sujet de regards accusateurs si j’en fumais une un jour où la tentation aurait été trop grande.J’ai gardé longtemps un paquet de cigarettes dans mon sac à main – que je n’ai jamais touché – mais qui me rassurait. Je me disais que si je voulais une cigarette elle serait à portée de main et ça a suffit à calmer mon angoisse, l’air de rien.

  • Mettez votre argent de côté…

On ne va pas se mentir, une des raisons essentielles – en plus que la santé – qui motive une personne à cesser de fumer est l’argent. Je n’apprends rien à personne en disant que fumer coûte cher, et de plus en plus d’ailleurs. Les prix d’un paquet flambent à vue d’œil. Alors, pour se stimuler à garder le cap beaucoup d’entre nous choisissent d’épargner cet argent. Faîtes de cette nouvelle contraire, un moyen de vous offrir de nouveaux petits plaisirs : manger plus en extérieur, des sessions shoppings, des petits week-ends avec votre moitié ou que sais-je encore. J’ai retiré ce mois-ci la centaine d’euros  mensuelle que je dépensais dans les cigarettes pour les mettre de côté. Pas de petit cochon sur la table de nuit mais c’est tout comme, ils sont précieusement rangés dans une petite boîte. Et je continuerai de le faire, car voir mon argent en chair et en os rend la chose bien plus concrète à mes yeux. Je réalise réellement que mes efforts payent littéralement et j’en suis ravie.

  • Compensez avec le sport…

Le sport, le sport… Ce vieil ennemi qui vous veut pourtant que du bien. Cette relation amour/haine, que j’arrive enfin à apaiser avec le temps, la patience et les bonnes personnes. Je ne vous dis pas d’endurer un semi marathon toutes les semaines mais maintenant que je prends un peu de plaisir à courir régulièrement, je peux vous assurer que ça ne me tente plus de fumer. Qui aurait envie de s’éclater une cigarette après s’être fait violence pour venir à bout de son footing? Personne, surtout pas moi. Et quel plaisir de sentir que l’on ne crache plus ses poumons les jours passants. Effet esprit sain dans un corps sain garanti!

  • Constatez vos petites victoires…

On le sait tous qu’il est toujours plus facile de rester motivés lorsque l’on remarque les résultats de ce que l’on entreprend. Et des réussites avec l’arrêt de la cigarette, il y en a plein et rapidement. Moi, j’en remarque des tas en tout cas. Je dors mieux et quand on a des problèmes de sommeil comme moi, ce n’est pas négligeable. Je sens bon en société, exit l’odeur de tabac froid sur mes vêtements. Ma peau me dit merci, car j’ai moins d’imperfections et je suis désormais la fille à qui l’on dit « Mais tu as bonne mine en ce moment » et je préfère ça. Je n’ai pas encore réellement recouvert le goût des aliments mais j’ai très bien récupéré au niveau de l’odorat. Un vrai petit chien truffier, qui n’a pas à courir tous les dimanches de tous les côtés pour trouver un tabac ouvert, d’ailleurs!

  • Aidez vous de Tabac Info Service…

Que ce soit via leur site internet ou via leur application, l’aide gratuite proposée par Tabac Info Service est réellement intéressante et complète. Cela vous aide à compter le nombre de jours d’abstinence, le nombre de cigarettes non fumées, les économies que vous avez réalisées et vous avez à votre disposition des jauges qui vous indique combien vous avez récupéré en terme d’odorat/goût/cardiaque/énergie etc. Vous avez un forum très bien fait et plein d’informations qui répondent à toutes les questions que l’on peut se poser. Vous êtes accompagnés par un tabacologue. Vous gagnez des petits trophées pour vous encouragez – c’est gadget mais c’est bon pour le moral – et vous avez à votre disposition des passe-temps – des jeux – pour occuper les envies fortes de cigarettes.

  •  Ne devenez pas un ex-fumeur intolérant et/ou asocial…

Oui, c’est vrai… Depuis que votre petit nez refonctionne à 100%, vous finissez par comprendre ces non fumeurs que vous snobiez tant il y a quelques temps. Un rien vous irrite et la fumée vous incommode : dans les bars, dans les terrasses confinées… L’odeur vous répugne. Mais apprenez à être positifs, tolérants et sereinsdans votre démarche de sevrage tabagique. Il y a toujours eu des fumeurs et il y en aura toujours. Vous avez arrêté de fumer et vous avez milles fois raisons, mais ne prenez pas de haut ceux pour qui ce n’est pas le cas et ne devenez pas ces donneurs de morale qui vous énervaient tant. N’évitez pas ces moments sociaux qui sont les plus difficiles lorsqu’on arrête de fumer. Nos amis fumeurs deviennent notre pire cauchemar quand on ne fume plus mais vous ne pourrez pas les esquiver à vie. Dommage! Faîtes vous un petit peu violence et n’oubliez pas qu’on peut très bien passer une bonne soirée sans fumer. Profitez de ces moments tout de même, vous n’en serez que plus fier.

Alors voilà, je tiens à poser ici quelques disclaimers – toi aussi, parles comme une youtubeuse beauté – je ne dis pas que je ne fumerai plus jamais même si je sais que je suis résolue à ce que ce soit le cas. Je ne prétends pas avoir de solution miracle. Je ne suis pas à l’abri d’une rechute, j’ai vu beaucoup de gens replonger après des années parfois sans avoir touché une cigarette. J’en suis consciente. Et je ne suis pas là pour déblatérer les 1578 raisons – et plus encore – pour lesquelles fumer n’est pas une idée de génie. Fumer reste un choix et chacun est libre de faire ce qu’il veut de sa vie. Mais, je voulais rédiger ce billet pour faire part – à ceux qui sont désireux d’arrêter également voir de réduire – de mes conseils pour se défaire de cette vilaine lubie qu’est la clope. Ce qui a marché pour moi, en tout cas. Ma démarche ne tient qu’à ça. Ni plus, ni moins. Je rigolais au nez de mon copain quand il me disait que la cigarette « contrôlaient nos vies » et avec le recul je lui donne raison… Qu’est-ce que vous attendez pour reprendre le contrôle?

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